L'Union Européenne et ses enfants:

Preuve du côté asocial de son ultra-libéralisme au profit du capital



Par tous les mensonges possibles et imaginables, les politiciens à la solde du capital veulent nous faire voter oui aux réferendums sur le traité constitutionel qui servira les seuls et uniques intérêts de ce capital. Au fond, tout cela est bien logique.

Cependant à tous les coins du tapis, avec lequel ils essayent de cacher la vérité, se laisse entrevoir la vraie face de cette Europe du capital et de l'impérialisme. Un de ces coins est constitué par l'Ecole Européenne à Luxembourg, un autre par cette lutte des pays riches pour un budget de UE le plus bas possible. C'est évident: seuls les riches peuvent se permettre d'avoir un Etat qui s'occupe de rien d'autre que du calme dans les rues et les usines et qui pour le reste entreprend des excursions impérialistes par le monde. Et cela vaut aussi pour l'UE, qui en beaucoup de points déjà a pris le relais des Etats-nations qui sont ses membres.

Un autre coin est formé par la révision à la baisse des salaires des fonctionnaires de l'UE et une précarité toujours plus accrue par des contrats à durée déterminée de plus en plus courts bien que répétitifs. Certains salaires des gens travaillant pour l'UE à Luxembourg le font en-dessous du salaire minimal garanti dans ce pays.

Il est très difficile, voire impossible, de prendre une influence sur les décisions prises à l'intérieur de la commission et des conseils de l'UE en dehors du lobbying, étant donné que la démocratie bourgeoise, telle qu'elle a été établie après la Révolution Française et telle qu'elle existe encore pour la forme dans les 25 Etats membres de l'UE, n'existe pas au niveau de l'UE – et elle n'est pas prévue non plus dans ce fameux traité constitutionel.

Tout cela sont des raisons supplémentaires pour dire NON au traité constitutionel, pour dire NON à cette Union du capital et pour dire OUI à une Europe socialiste, qui ne saura surgir qu'après la dissolution de cette UE actuelle.

Nous documentons par la suite un communiqué de presse de l'Association des Parents d’Élèves de l'École Européenne – APEEE Luxembourg concernant le problème concret de l'Ecole Européenne à Luxembourg:

Le futur des Ecoles Européennes de Luxembourg est-il garanti ou non?



Des problèmes fondamentaux menacent toujours les Ecoles Européennes et incitent à nouveau parents et élèves à descendre dans la rue et à manifester devant l'opinion publique


Une Communication de la Commission au Conseil et au Parlement Européen a lancé la consultation sur les options pour développer le système des Ecoles Européennes dans un souci de rationaliser le système et d’assurer une meilleure rentabilité du service offert.


Dans ce contexte, nous manifestons aujourd’hui pour que la réforme proposée garantisse le droit à l’éducation pour tous et consolide l’expérience positive et unique d’une école multilingue et multiculturelle ouverte; pour qu’elle garantisse l’égalité des chances éducatives pour toutes les sections linguistiques; pour que l'on réponde aux exigences de tous les enfants; pour que les décisions sur le futur de l'Ecole soient prises démocratiquement, dans un esprit de transparence et de coopération avec les familles.

Pourquoi a-t-on créé les écoles européennes ?


Pendant 50 ans, depuis que la première Ecole européenne a ouvert ses portes au Luxembourg, les écoles européennes ont fourni un service d’enseignement de qualité, multilingue et multiculturel.


Le but était d’y scolariser ensemble les enfants du personnel des institutions communautaires. Les Ecoles européennes ont facilité et facilitent toujours le fonctionnement des institutions communautaires parce qu’elles permettent aux citoyens de chaque État de s’éloigner de leur pays tout en préservant leur langue maternelle et leur culture nationale, tant au sein de leurs familles qu’au sein des institutions communautaires.


L’enseignement dans la langue maternelle a une importance fondamentale car il permet aux enfants de former et de préserver leur identité culturelle, en maintenant un lien vif avec leur pays d’origine et car il multiplie leurs chances de succès scolaire.


La préservation des langues nationales au sein des institutions est un objectif qui ne doit pas être perdu de vue, pour permettre que aux politiques communautaires de tenir en compte les exigences nationales d'ordre culturel et non. Cet enseignement a été pourtant mis en cause suite au dernier élargissement.


La réforme proposée par la Commission pour le système des écoles européennes


Il s'agit d'une réforme dans le but de rationaliser le système et d’assurer une meilleure rentabilité du service offert (!)

Elle se base sur des réductions budgétaires (ces dernières années la contribution de la Commission a diminué tandis que le nombre des élèves a augmenté), sur la diminution du niveau des services et sur l’augmentation du minerval pour les enfants des non-fonctionnaires L'APEEE, et les parents qu'elle représente, réclame par contre une réforme qui remédie aux problèmes multiples des écoles européennes. Des besoins essentiels ne sont pas couverts :

concernant l’infrastructure: l’espace manque et les écoles sont surpeuplés (l’école de Luxembourg qui a été construite pour 2700 élèves en accueille presque 4000) ; la qualité des repas dans la cantine de l’école est en chute libre ;

concernant le personnel auxiliaire: le personnel qualifié pour aider les enfants avec des difficultés d’apprentissage ainsi que le personnel pour aider les enfants avec des problèmes de mobilité physique font totalement défaut;

concernant le personnel enseignant: des professeurs détachés sont remplacés par des chargés de cours.

Nous rappelons que les écoles européennes n’ont pas été conçues comme des écoles d’entreprise mais comme des établissements publiques qui fournissent une éducation européenne et où des enfants des nationalités et cultures différentes apprennent à se connaître et à vivre ensemble : le minerval pour les enfants des non-fonctionnaires doit refléter le fait que l’éducation est un service publique offert par tous les États-membres. Ce principe doit être appliqué aussi aux écoles européennes.


La menace de l’égalité des chances éducatives pour toutes les sections linguistiques


À part les intentions de restriction du choix des sections linguistiques offertes, le cas spécifique du Luxembourg est caractérisé par la séparation récente des sections. La décision prise affecte neuf sections linguistiques à la première école (Lux I) à Kirchberg et huit sections linguistiques à la nouvelle école (Lux II). Cette décision rétrécit fortement l’environnement multiculturel et multilingue des écoles.


L´année dernière les élèves de l´Ecole Européenne de Luxembourg ont participé à l´étude PISA : leurs résultats étaient excellents et ont permis de placer le système éducatif de l´Ecole Européenne au niveau le plus élevé d´Europe! Il ne faut pas compromettre de réussites pareilles.


Le Mur de la Rue Coudenhove-Kalergi


L'autrichien Richard Coudenhove-Kalergi, moins connu aujourd'hui que les autres Pères Fondateurs de l’Europe, Schuman, Monnet, Adenauer et De Gasperi - fonda en 1923 l´Union Paneuropéenne, ayant pour but la réalisation de l'union de tous les peuples européens comme une fraternité d'hommes partageant des visions communes, tout en préservant les particularités de chacun.


Aujourd’hui un nouveau mur invisible divisant l’Europe a été bâti justement le long de rue Coudenhove-Kalergi à Luxembourg: l’Ecole européenne de Luxembourg a été partagée en deux écoles, avec ce partage inexorable des sections linguistiques et des enfants:

A l’Ouest de la rue, Ecole Luxembourg I: Suédois, Finnois, Espagnols, Portugais, Néerlandais et Polonais ;

A l’Est de la rue, Ecole Luxembourg II: Grecs, Italiens, Danois, Tchèques et Hongrois, logés dans de bâtiments préfabriqués vétustes, avec destination finale Mamer (de l’autre coté de la ville).


Ce mur symbolise division et discrimination. La solution est d’autant plus grave pour les sections linguistiques affectées au Lux II que l’État de Luxembourg veut implanter à Mamer. Mamer est une commune qui se trouve à 40 minutes de voiture (15 Km) de Kirchberg où 80% des parents travaillent. Ceci aura comme conséquence pour les parents des voyages aller-retour d’une trentaine de kilomètres deux fois par jour au moins. C’est un mauvais choix du point de vue économique, social et environnemental.


Tous les parents et les enfants souhaitent que le mur soit démantelé. Ils soutiennent une séparation de l’école par tranches d’âge : une école maternelle et primaire avec toutes les sections linguistiques et une école secondaire comprenant également toutes les sections linguistiques.


L'infrastructure de l'Ecole Lux II (Village Pédagogique)


Le Luxembourg – pays plus riche d'Europe - accueille ce semestre la présidence de l´Union Européenne avec beaucoup de splendeur, mais n´est pas en mesure de garantir aux enfants scolarisés à l'Ecole Européenne LUX II les conditions requises et dignes de scolarité, en leur fournissant des installations adéquates. Depuis la rentrée les parents se plaignent, adressent de lettres aux responsables et manifestent contre les installations vétustes, mais la bureaucratie et ses procédures traditionnellement lentes ne changent pas de rythme, même avec la menace d'actions contre les parties responsables: le Ministère des Travaux Publics qui n’a pas fourni des installations homologuées, et la Direction de l’Ecole Européenne Luxembourg II qui a délivré aux élèves ces installations potentiellement dangereuses.


La manifestation du 3 février au site du Village «Pédagogique - Préhistorique», malgré le bruit causé par les parents et l'attention de la presse et de l'opinion publique, n´a pas encore amené au résultat désiré, c’est à dire a l´inspection du site et à l´homologation (mise en état) des installations. L 'Administration des Bâtiments Publics c’est déclaré compétente et chargée du dossier, mais par la suite …rien ! Elle s’est contentée de ravaler quelques façades avec des couleurs vives, mais l’inspecteur n’a pas encore visité les installations. Leur sécurité reste toujours laissée au hasard.


Le Conseil Supérieur des Ecoles Européennes s’est réveillé un peu tard et a finalement émis des lignes directrices le 17 mars 2005: la protection des enfants confiés aux Ecoles Européennes est d’une importance extrême et le personnel et la direction de l’école, chargés de surveiller le système, ont été appelées à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer que les élèves jouissent d'un environnement scolaire aussi sûr que possible.


Les lignes directrices sont très spécifiques; elles prévoient une inspection régulière et fréquente des bâtiments et du site par l’administration scolaire et les ministères des travaux publics; une réaction raisonnable aux dangers potentiels, avec l’obligation pour chaque école de mener une politique de sécurité et de santé globale et approfondie; la protection des élèves contre les dangers du trafic sur le domaine de l’école ou lorsqu’ils sont sous la garde de l’école; des issues de secours dans les bâtiments comptant plusieurs étages, des portes s’ouvrant vers l’extérieur; des signaux routiers pour diriger le trafic en cas d’urgence; des exercices d’évacuation réguliers pour mettre en pratique des instructions écrites à l’intention du personnel et des élèves et, après chaque exercice, un rapport en vue d’améliorer la sécurité; la désignation d’une personne responsable des mesures de sécurité; l’inspection régulière des dispositifs de sécurité; une évaluation des risques détaillée.





Alors, les parents et les élèves manifestent de nouveau devant les deux écoles ce vendredi, 15 avril, pour le futur des Ecoles Européennes et le droit à l'éducation des enfants.


Ils demandent aux autorités compétentes, les Etats membres de l’UE, les Institutions Européennes, les autorités luxembourgeoises, le Conseil Supérieur des Ecoles Européennes et les Directions des Ecoles Européennes d'assurer:


l’implantation du site de l’école européenne «Luxembourg II» à proximité des Institutions Européennes sur le plateau du Kirchberg, où plus de 80% de parents travaillent –et non sur le site prévu de Mamer. Il s'agit d'une mauvaise décision du point de vue économique, social et environnemental dictée uniquement par des raisons économiques.


la mise à disposition immédiate de bâtiments sûrs et bien équipés, adaptés aux besoins sur une période de plusieurs années jusqu'à l'ouverture de la nouvelle école - afin de résoudre les manquements graves identifiés dans les bâtiments préfabriqués et vétustes actuellement utilisés.

14 avril 2005


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